Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Théophile Gautier

Les affres de la mort - Poéme


Poéme / Poémes d'Théophile Gautier





O toi qui passes par ce cloître,
Songe à la mort ! —
Tu n'es pas sûr
De voir s'allonger et décroître,
Une autre fois, ton ombre au mur.



Frère, peut-être cette dalle
Qu'aujourd'hui, sans songer aux morts,
Tu soufflettes de ta sandale,
Demain pèsera sur ton corps !



La vie est un plancher qui couvre
L'abîme de l'éternité :
Une trappe soudain s'entr'ouvre
Sous le pécheur épouvanté ;



Le pied lui manque, il tombe, il glisse !
Que va-t-il trouver ? le ciel bleu,
Ou l'enfer rouge ? le supplice,
Ou la palme ?
Satan, ou
Dieu ?.,.



Souvent sur cette idée affreuse
Fixe ton esprit éperdu :
Le teint jaune et la peau terreuse,
Vois-toi sur un lit étendu ;



Vois-toi brûlé, transi de fièvre,
Tordu comme un bois vert au feu.
Le fiel crevé, l'âme à la lèvre.
Sanglotant le suprême adieu.



Fntre deux draps, dont l'un doit être
Le linceul où l'on te coudra,
Triste habit que nul ne veut mettre,
Et que pourtant chacun mettra.



Représente-toi bien l'angoisse
De ta chair flairant le tombeau,
Tes pieds crispés, ta main qui froisse
Tes couvertures en lambeau.



En pensée, écoute le râle,
Bramant comme un cerf aux abois,
Pousser sa note sépulcrale
Par ton gosier rauque et sans voix.



Le sang quitte tes jambes roides,
Les ombres gagnent ton cerveau,
Et sur ton front les perles froides
Coulent comme aux murs d'un caveau.



Les prêtres à soutane noire.
Toujours en deuil de nos péchés.
Apportent l'huile et le ciboire,
Autour de ton grabat penchés.



Tes enfants, ta femme et tes proches
Pleurent en se tordant les bras.
Et déjà le sonneur aux cloches
Se suspend pour sonner ton glas.



Le fossoyeur a pris sa bêche
Pour te creuser ton dernier lit,
Et d'une terre brune et fraîche
Bientôt ta fosse se remplit.



Ta chair délicate et superbe
Va servir de pâture aux vers,
Et tu feras pousser de l'herbe
Plus drue avec des brins plus verts.



Donc, pour n'être pas surpris, frère,
Aux transes du dernier moment,
Réfléchis ! —
La mort est amère
A qui vécut trop doucement.



Sur ce, frère, que
Dieu t'accorde
De trépasser en bon chrétien,
Et te fasse miséricorde ;
Ici-bas, nul ne peut plus rien !











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Théophile Gautier
(1811 - 1872)
 
  Théophile Gautier - Portrait  
 
Portrait de Théophile Gautier


Biographie

Théophile Gautier fait ses études aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. Il se lie avec Gérard de Nerval, qui l'introduit dans les milieux littéraires. Optant pour la poésie, Gautier fonde le 'Petit Cénacle' en 1830 et publie son premier recueil de Poésies. En 1833, un recueil de contes 'Les Jeune-France' et la préface de son premier roman 'Mademoiselle de Maupin' (1835) dénoncent avec esprit e

Orientation bibliographique

Diverses notices me font naître à Tarbes, le 31 août 1808. Cela n'a rien d'important, mais la vérité est que je suis venu au monde où je devais faire tant de copie, le 31 août 1811... - Ses ascendants proviennent de tous les coins de France. Pierre-Julcs-Théophile aura deux sœurs cadettes qui ne le lâcheront plus jusqu'à sa mon. Son père étant nommé chef de bureau aux octrois de Paris en 1814, les