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Théophile Gautier

Affinités secrètes - Poéme


Poéme / Poémes d'Théophile Gautier





Madrigal panthéiste



Dans le fronton d'un temple antique,
Deux blocs de marbre ont, trois mille ans,
Sur le fond bleu du ciel attique
Juxtaposé leurs rêves blancs ;



Dans la même nacre figées,
Larmes des flots pleurant
Vénus,
Deux perles au gouffre plongées
Se sont dit des mots inconnus ;



Au frais
Généralife' écloses,
Sous le jet d'eau toujours en pleurs.
Du temps de
Boabdil*, deux roses
Ensemble ont fait jaser leurs fleurs ;



Sur les coupoles de
Venise

Deux ramiers blancs aux pieds rosés,

Au nid où l'amour s'éternise

Un soir de mai se sont posés.



Marbre, perle, rose, colombe,
Tout se dissout, tout se détruit ;
La perle fond, le marbre tombe,
La fleur se fane et l'oiseau fuit.



En se quittant, chaque parcelle
S'en va dans le creuset profond
Grossir la pâte universelle
Faite des formes que
Dieu fond.



Par de lentes métamorphoses,

Les marbres blancs en blanches chairs,

Les fleurs roses en lèvres roses

Se refont dans des corps divers.



Les ramiers de nouveau roucoulent
Au cœur de deux jeunes amants.
Et les perles en dents se moulent
Pour l'écrin des rires charmants.



De là naissent ces sympathies
Aux impérieuses douceurs,
Par qui les âmes averties
Partout se reconnaissent sœurs.



Docile à l'appel d'un arôme,
D'un rayon ou d'une couleur,
L'atome vole vers l'atome
Comme l'abeille vers la fleur.



L'on se souvient des rêveries
Sur le fronton ou dans la mer,
Des conversations fleuries
Près de la fontaine au flot clair,



Des baisers et des frissons d'ailes
Sur les dômes aux boules d'or,
Et les molécules fidèles
Se cherchent et s'aiment encor.




L'amour oublié se réveille,
Le passé vaguement renaît,
La fleur sur la bouche vermeille
Se respire et se reconnaît.






Dans la nacre où le rire brille,
La perle revoit sa blancheur ;
Sur une peau de jeune fîlle,

Le marbre ému sent sa fraîcheur.




Le ramier trouve une voix douce, Écho de son gémissement,
Toute résistance s'émousse.

Et l'inconnu devient l'amant.




Vous devant qui je brûle et tremble,
Quel flot, quel fronton, quel rosier,
Quel dôme nous connut ensemble.
Perle ou marbre, fleur ou ramier ?











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Théophile Gautier
(1811 - 1872)
 
  Théophile Gautier - Portrait  
 
Portrait de Théophile Gautier


Biographie

Théophile Gautier fait ses études aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. Il se lie avec Gérard de Nerval, qui l'introduit dans les milieux littéraires. Optant pour la poésie, Gautier fonde le 'Petit Cénacle' en 1830 et publie son premier recueil de Poésies. En 1833, un recueil de contes 'Les Jeune-France' et la préface de son premier roman 'Mademoiselle de Maupin' (1835) dénoncent avec esprit e

Orientation bibliographique

Diverses notices me font naître à Tarbes, le 31 août 1808. Cela n'a rien d'important, mais la vérité est que je suis venu au monde où je devais faire tant de copie, le 31 août 1811... - Ses ascendants proviennent de tous les coins de France. Pierre-Julcs-Théophile aura deux sœurs cadettes qui ne le lâcheront plus jusqu'à sa mon. Son père étant nommé chef de bureau aux octrois de Paris en 1814, les