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Raimon de Cornet

Biographie, œuvres de Raimon de Cornet


Poésie / Poémes d'Raimon de Cornet





Naissance: 1324
Décès: 1340

Nous n'avons rien trouvé à ajouter à l'élude biographique que Camille Chabaneau a consacrée à Raimon de Cornet dans « Deux manuscrits provençaux du xive siècle»5. Ce poète naquit à Saint-Antonin de Rouergue (au nord-est de l'actuel Tarn-et-Garonne) vers 1300. Il fut d'abord prêtre, des 1324, puis il devint frère mineur, dont il ne porta l'habit que peu de temps, « peut-être seulement huit mois et neuf jours6». À partir de 1327, il rentra dans le clergé séculier, et enfin se fit moine blanc, «c'est-à-dire qu'il se fit recevoir dans l'ordre de Cîteaux où il paraît avoir achevé sa carrière, peut-être dans le Moustier-de-Pontaut, au diocèse d'Aire-sur-l' Adour, qui était une abbaye de cet ordre7 ».



C'est pendant les huit mois (?) qu'il passa chez les franciscains, que, «pour avoir embrassé avec trop d'ardeur les doctrines d'un des membres les plus célèbres de l'ordre de saint François, le frère Pierre Jean-Olivi, il fut inquiété, et faillit même, un peu plus tard (février 1326), être brûlé vif à Avignon ».

Ce Pierre Jean-Olivi (1247-1293), frère mineur de Béziers. avait écrit un commentaire sur l'Apocalypse dans lequel l'Église romaine était assimilée à «Baby-lonc », la grande prostituée ; son livre, traduit en langue d'oc, avait exercé une influence considérable sur les esprits. Dans la pastourelle de Guilhem d'Autpol (L'autrier, a l'intrada d'Abri!9), c'est de lui sans doute qu'il est question au vers 76 : « Frère Jean le dit bien : le plaisir engendre la mort... » Et chez Raimon de Cornet, comme l'a très bien vu Chabaneau. ce sont peut-être les idées de Pierre Jean-Olivi qui s'expriment dans les pièces du ms. A-XXV et XXVI, sous forme d'allusions - volontairement obscures - à l'Antéchrist (qui n'est autre que le Pape ou l'Eglise romaine) et dans l'affirmation très franciscaine, que la pauvreté christique a une valeur absolue.

Avec ce poète nous sommes bien, d'ailleurs, dans l'atmosphère spirituelle, à la fois désespérée et pleine d'espérance, qui a caractérisé la fin du xme siècle et le début du xrve. On croyait très proche la fin de l'ère du Fils et l'avènement du règne du Saint-Esprit qu'avait prophétisé Joachûn de Flore (mort en J 202). Le monde allait finir. Arnaut de Villeneuve, vers 1300, ne cessait d'annoncer la fin de « ces temps ». Raimon de Cornet, en attaquant si vivement les mœurs de son époque, a voulu, sans doute, souligner la dépravation, l'« absurdité» d'une ère condamnée, et d'un monde promis, cependant, à une régénération totale. Pessimisme dans l'actuel, espoir dans l'avenir. La «versa» reflète les tendances communes aux béguins de saint François, et de façon générale, aux troubadours moralistes du siècle précédent. (L'imitation de Peire Cardenal y est évidente.) Dans le temps où règne l'Antéchrist, le salut du monde ne réside plus qu'en cette «Rosa vermelha» qui a bien pu symboliser, pour Raimon de Cornet, l'avènement de l'Amour-Esprit. Sous l'influence, en effet, des kabbalistes juifs du XH* siècle, qui, en Languedoc même, avaient féminisé le dixième séphiroth, ou sous l'influence d'idées gnostiques plus anciennes, le Saint-Esprit avait pris une tonalité féminine. On croyait, en Italie, surtout dans le peuple, qu'il allait s'incarner en forme de femme. Ce qui - indirectement - contribuait à revaloriser l'Amour courtois.

Il est assez significatif que Raimon de Cornet, qui était resté fidèle aux anciens troubadours (il en cite trois, note Chabaneau l0, Peire Cardenal, N'At de Mons, Aimeric de Péguilhan ?), tout en acceptant de chanter la Vierge en roman et en latin, ait entendu conserver le droit de chanter les dames fort librement, et de les courtiser selon les enseignements des Provençaux. Raimon de Cornet avait une dame mystique (celle qui « purifiait » et faisait « monter en Prix »). Selon une tradition qui s'était déjà manifestée chez quelques troubadours (G. de Cabestanh, B. de Ventadour, Gaucelm Faidit...) et s'affirmera avec Dante, il avait choisi pour Dame celle qu'il avait connue enfant: peut-être Indie de Caumont, femme de Gui de Comminges, seigneur de Lombers... Pour la désigner, il emploie un senhal (l'usage des « senhals », pratiqué dès les premiers troubadours, ne s'était vraiment généralisé qu'à la fin du xnr-' siècle), qui n'est autre que la «Rose». Mot qu'il prend « tantôt dans sa signification propre, tantôt et bien plus souvent dans une signification métaphorique et allégorique, l'appliquant dans ce cas, soit à une Dame, soit à la Sainte Vierge, ou laissant incertain, à dessein peut-être, l'objet terrestre ou céleste qu'il entendait désigner"». Peut-être aussi cette Rose enferme-t-elle un sens plus «hérétique». Mais nous ne saurions l'affirmer.









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Raimon de Cornet
(1324 - 1340)
Portrait de Raimon de Cornet