Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Pierre de Ronsard

élégie a cassandre - Élégie


Élégie / Poémes d'Pierre de Ronsard





Mon œil, mon cœur, ma
Cassandre, ma vie,
Hé! qu'à bon droit tu dois porter d'envie
A ce grand
Roi, qui ne veut plus souffrir
Qu'à mes chansons ton nom se vienne offrir.
C'est lui qui veut qu'en trompette j'échange
Mon luth, afin d'entonner sa louange *,
Non de lui seul mais de tous ses aïeux.
Qui sont là-haut assis au rang des
Dieux.
Je le ferai puisqu'il me le commande.
Car d'un tel
Roi la puissance est si grande,
Que tant s'en faut qu'on la puisse éviter,
Qu'un camp armé u y pourrait résister.
Mais que me sert d'avoir tant lu
Tibulle, l'roperce,
Ovide, et le docte
Catulle,
Avoir tant vu
Pétrarque et tant noté,
Si par un
Roi le pouvoir m'est ôté
De les ensuivre, et s'il faut que ma lyre
Fendue au croc ne m'ose plus rien dire?

Doncques en vain je me paissais d'espoir

De faire un jour à la
Tuscane voir

Que notre
France, autant qu'elle, est heureuse

A soupirer une plainte amoureuse;

Lt pour montrer qu'on la peut surpasser,

J'avais dé|à commencé de tracer

Mainte
Elégie à la façon antique.

Mainte belle
Ode, et mainte
Bucolique.

Car, à vrai dire, encore mon esprit

N'est satisfait de ceux qui ont écrit

En notre langue, et leur amour mérite

Ou du tout rien, ou faveur bien petite.

Non que je sois vanteur si glorieux

D'oser passer les vers laborieux



De tant d'amants qui se plaignent en
France;

Mais pour le moins j'avais bien espérance,

Que si mes vers ne marchaient les premiers,

Qu'ils ne seraient sans honneur les derniers.

Car Ératon qui les amours descœuvre,

D'assez bon œil m'attirait à son œuvre.

L'un trop enflé les chante grossement,

L'un énervé les traîne bassement,

L'un nous dépeint une dame paillarde,

L'un plus aux vers qu'aux sentences regarde,

Et ne put oncq, tant se sût déguiser,

Apprendre l'art de bien
Pétrarquiser.

Que pleures-tu,
Cassandre, ma douce âme?

Encor
Amour ne veut couper la trame

Qu'en ta faveur je pendis au métier,

Sans achever l'ouvrage tout entier.

Mon
Roi n'a pas d'une bête sauvage

Sucé le lait, et son jeune courage,

Ou je me trompe, a senti quelquefois

Le trait d'Amour qui surmonte les
Rois.

S'il l'a senti, ma coulpe est effacée,

Et sa grandeur ne sera courroucée,

Qu'à mon retour des horribles combats,

Hors- de son croc mon
Luth j'aveigne * à-bas,

Le pincetant, et qu'en lieu des alarmes

Je chante
Amour, tes beautés et mes larmes.

Car l'arc tendu trop violentement.

Ou s'alentit, ou se rompt vitement.

Ainsi
Achille, après avoir par terre

Tant fait mourir de soudards en la guerre,

Son
Luth doré prenait entre ses mains

Teintes encor de meurtres inhumains,

Et vis-à-vis du fils de
Ménétie,

Chantait l'amour de
Briséîs s'amie,

Puis tout soudain les armes reprenait,



Et plus vaillant au combat retournait.
Ainsi, après que l'aïeul de mon maître *
Hors des combats retirera sa dextre,
Se désarmant dedans sa tente à part,
Dessus le
Luth à l'heure ton
Ronsard
Te chantera, car il ne se peut faire
Qu'autre beauté lui puisse jamais plaire,
Ou soit qu'il vive, ou soit qu'outre le port,
Léger fardeau,
Charon a le passe mort.











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Pierre de Ronsard
(? - 1585)
 
  Pierre de Ronsard - Portrait  
 
Portrait de Pierre de Ronsard


Biographie

1524
- (10 ou 11 septembre) : naissance au château de la Posson-nière (Couture, Loir-et-Cher).

Orientation bibliographique