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Philippe Desportes

Biographie, œuvres de Philippe Desportes


Poésie / Poémes d'Philippe Desportes





Naissance: 1546 Chartres
Décès: 5 octobre 1606 Abbaye Notre-Dame de Bonport

Philippe Desportes, est un poète baroque français. Surnommé le « Tibulle français » pour la douceur et la facilité de ses vers, il fut abbé de Tiron, lecteur de la chambre du Roi et conseiller d'État.

Le ciel poétique s'assombrit en ce xvir siècle finissant. Philippe Desportes est l'exemple type de l'arriviste lucide qui, parti de rien, réussit à fréquenter les grands et à vivre un âge mûr heureux, comblé des rentes de quatre abbayes. Habile dans sa vie, il l'est aussi dans son art. Il prête sa plume pour des « confiseries rimées » à des amants sans lettres et s'identifie si bien à eux que certaines de ses chansons atteignent à une sincérité naturelle et à une limpidité musicale.



Poète officiel et mondain, comblé d'honneurs et de biens, Desportes vit sa carrière atteindre son apogée entre 1573 et 1583, période où il fit paraître plusieurs éditions successives de son œuvre, et pendant laquelle sa gloire éclipsa même celle de Ronsard. Par la suite, sous le règne d'Henri IV, il se tint plus à l'écart de la vie de cour, laissant la place à d'autres auteurs, en particulier à Malherbe.

Malherbe, qui n'était pas tendre pour les poètes ses confrères, a laissé en marge des œuvres poétiques de Desportes un commentaire qui en a très largement scellé le devenir littéraire : condamné au nom de la rigueur pour son affeâation, ses grâces par trop languissantes, et pour toutes sortes de défauts — « sottise », « pédanterie », « extravagance », « obscurité » —, sans compter ce que son intraitable censeur dénonce comme vices de construction, facilités de rimes, galimatias, le poète apprécié d'Henri III et des meilleurs cercles mondains de son temps a vu bien vite son étoile pâlir. Et la postérité n'a gardé de lui que l'image d'un talent un peu mièvre, mis avant tout au service d'une réussite sociale. Pourtant la mollesse de Desportes traduit tout autre chose que ce que Malherbe, la jugeant à l'aune d'une esthétique et d'un goût totalement différents, s'est employé à y voir. Desportes, en poète de cour qu'il est, reflète en effet un art de vivre et de sentir propre à son milieu : sa connaissance parfaite de la poésie des Italiens, sa technique exercée, cette façon d'affiner et de réduire, de ciseler et d'orner traduisent une civilité et une élégance mondaines dont Madame de Lafayette, un siècle plus tard, rappellera avec nostalgie que la société de cour n'en connut jamais d'aussi éclatante. Mais il y a plus : en reprenant à son compte la leçon de la lyrique amoureuse venue de Pétrarque et en la traitant à sa façon, Desportes ne fait qu'exercer ce qui est précisément sa « manière »• Chez lui, le poème d'amour, dans une perspective nourrie de l'influence platonicienne, devient une sorte de recherche intellectuelle, de composition quasi abstraite, où la sensibilité ni la sensualité n'ont vraiment leur mot à dire. Si la manière est molle et coulante, c'est que l'être est fuyant, instable, et que c'est dans les replis de la métaphore, dans les reflets de l'apparence, qu'il faut tenter de le saisir. Dans les miroitements des sonnets des Amours de Diane et des Amours d'Hippolyte, l'absence de l'aimée joue comme l'indice d'un vide plus fondamental : celui d'un monde qui échappe, et dont la seule réalité tient dans les feux qu'il jette, dans les reflets qu'il lance, dans l'éclat précieux dont le poème capte et garde la trace.

Philippe Desportes, représentant le plus important de la génération qui a suivi celle de Ronsard et précédé celle de Malherbe, meurt à Bonport, chargeant avec indifférence son neveu Mathurin Régnier de défendre son oeuvre contre les critiques envieuses de Malherbe, qui vient de l’insulter avec une superbe «goujaterie» et qui crible d’annotations sévères son exemplaire des Premières Oeuvres. Desportes apparaît en effet comme l’héritier de Ronsard, à qui il a succédé comme prince des poètes et contre qui se définit la réforme de Malherbe. Mais son oeuvre (où l’on trouve déjà appliqués un grand nombre des préceptes qu’imposera cette réforme) s’est faite elle-même contre la poésie de Ronsard (ou du moins contre la poésie ambitieuse du jeune Ronsard). Elle se caractérise par une plus grande abstraction, une plus grande clarté (si elle abonde en pointes et figures imitées de la poésie italienne, elle répugne à la mythologie accessible aux seuls initiés) et surtout par la recherche d’une continuité égale et harmonieuse, d’une régularité élégante qui évite tout heurt, toute rupture dans le ton, le rythme ou la composition. Dans cette fluidité monotone, les contemporains ont reconnu une «douceur naturelle» qui leur a paru apporter dans la poésie amoureuse quelque chose de radicalement différent – douceur qui ne retient plus rien de l’enthousiasme, de la «fureur» de la Pléiade et contraste singulièrement avec la violence d’une époque troublée (on n’en trouve pas trace dans l’œuvre de Desportes), douceur séduisante dont le poète a su user avec un opportunisme égal à celui dont il a fait preuve à la Cour et en politique.

Poétiquement assassiné par Malherbe dans son Commentaire (manuscrit) sur l'édition de 1600 des Œuvres, avec le mélange de pénétration, de balourdise et de mauvaise foi qui caractérise cet auteur remarquablement surfait, Desportes ne méritait, il nous semble, nil'excès d'honneur déversé sur lui par les courtisans du temps de Henri III, ni l'indignité malherbienne.

Il est né en 1546 à Chartres. On trouvera chez Tallemeant des Réaux diverses anecdotes dites piquantes à son sujet. Ses œuvres, après avoir circulé en manuscrit, firent impression en 1573. Les Amours de Diane eurent alors une influence presque aussi grande que Les Amours de Ronsard vingt ans auparavant. La vie terrestre lui fut douce; il fut doté par Charles IX, puis Henri III de nombreux bénéfices. Malade, presque mort, il aurait dit : « J'ai trente mille livres de rente, et je meurs ! » Il mourut aussitôt en effet ; c'était le 5 octobre 1606.
Je n 'ai pas retenu les doux sonnets des recueils amoureux (pour Diane, Hippolyte, Cleonice), ni la molle poésie religieuse des dernières années ; ses traductions des pétrarquistes italiens de la génération postbembiste, publiées par lui avec (fait plutôt rare) accompagnement des originaux (une méthode alors nouvelle qui, érigée en dogme par certains postmodernes a fait, depuis, de terribles ravages), intriguent.

Œuvres

Les Amours de Diane, 1573
Les Amours d'Hippolyte, 1573
Les premières œuvres de Philippes Desportes. Reveuës, corrigées & augmentées outre les précédentes impressions, Paris, 1578 ; Édition revue et augmentée : Robert Estienne, 1587
Les Amours de Cléonice, 1583
Élégies, 1583
Les 150 psaumes de David, 1603-1605
Bergeries

Étude : J. Lavaud, Un poète de cour au temps des derniers Valois, Philippe Desportes, Genève, Droz, 1936.







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Philippe Desportes
(1546 - 1606)
 
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