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Philippe Delaveau

Xxxix - Poéme


Poéme / Poémes d'Philippe Delaveau





Icare sur sa couche rêve de grains dorés, de soleils

Mélangés aux tiges qui fléchissent : la femme

Y mène ses chevilles nues sur les éteules qui la blessent;

Et dans le cloître du verger, les fruits contemplent

Le prochain sucre, longtemps après la gloire éphémère des

fleurs.
Le temps, chaque saison, nous appelle de sa voix déchirante
Par ce nom de douleur qui reste au creux des pierres.
Comme nos rêves les plus fous, les oies s'exilent
Dont les vents ensemencent la plaine éloignée,
Pays du feu barbare et des délices, régions nues
Où nous aimerions voir surgir du flot marin, en sa très blonde
Nudité,
Vénus; où l'océan eût oublié des siècles de vestiges
Qu'il efface et que d'autres marcheurs déposent - et nous
Qu'il faudra bien mourir, et dépouillés, et seuls.
Nous sommes nés de l'argile meuble et du temps,
Mais conçus en dehors de ces jardins verts
Où parmi des statues au regard bienveillant, la nuit
Connaît encore et pour chacun de nous son nom d'éternité
Que nos cœurs maladroits cherchent, bien vainement.
L'or
Dont n'eût jamais rêvé aucun des rois

Qui rendent en mourant leur royaume à la terre, nous osons
Le couver d'un regard pénétrant.
Nous aimerions régner

Sur des villes soumises; l'orgueil nous comble
D'un plaisir amer.
La solitude nous retrouve chaque soir,
Douloureux et meurtris devant
Lui sur le mur qui demande :
Que t'ai-je fait?
Ne t'ai-je pas aimé?
Icare pendant qu'il tombe
Se dépouille du dessein de puissance et se connaît.
Nous serons étrangers à nous-mêmes d'abord, dans la splendeur
Du mal; à la terre qui nous offre son refuge;
Aux nuages qui tâtonnent,

Puisque des continents les appellent, chargés de la rondeur de l'eau,

Et qu'ils se rendent en cortège même la nuit dans de grands

ciels
Songeurs.
Et plus nous élevons vers l'astre mort nos désirs

lancinants,
Plus nous étreint la soif, et nos pieds engourdis
Se gonflent de ce poids qui nous entraîne au fond des mers.











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Philippe Delaveau
(1950 - ?)
 
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