Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Philippe Delaveau

La vierge à la tortue d'ivoire - Poéme


Poéme / Poémes d'Philippe Delaveau





Sur la table à vos pieds, cette tortue d'ivoire

Qui chemine immobile, lève une tête lourde, et tente

D'observer, de sous sa carapace dure et blanche et suave

À la main qui caresse, le jour dehors qui glisse de côté,

L'allongement des ombres par la fenêtre grise, les pages

Couvertes de ratures.
Le temps s'enfuit; la vie s'écoule

Et la mort passe ayant déjà choisi les siens.
Quel nom

Lorsque l'aurore éclaire
Londres, nos lèvres dans le psaume

Ont trois fois murmuré?
Car il nous fait concevoir la montagne,

Sous la neige et dit notre pitié. Ô vous,

Aux douces mains, plus douces que l'ivoire,

Ayez pitié de la tortue aux pattes lourdes sur la table

Où la page s'ajoute à l'autre page, aridement;

Dans les immensités de l'ombre, ayez pitié de celui qui vous

chante
Une hymne maladroite avec de pauvres mots :
Sans doute le langage est blessé, les images
Sont pauvres, mais comme la tortue, plus chétif et plus lent,
N'ayant pas même de l'ivoire la douceur,
Il lève ses mains vides, ses yeux insatisfaits,
N'osant pas même regarder le grand papier désert. Ô jeune fille au blond matin que salue l'Ange,
Sans une grâce que vos mains nous ont value,
Que pourrait-il écrire celui qui peine, sur la page?













Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Philippe Delaveau
(1950 - ?)
 
  Philippe Delaveau - Portrait  
 
Portrait de Philippe Delaveau


Eléments de bibliographie