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Philibert Bugnyon

Si nôtre cors est la prison de l'ame - Sonnet


Sonnet / Poémes d'Philibert Bugnyon





Si nôtre cors est la prison de l'ame,

Ou elle fait quelque tems sa demeure :

Il faut apres, qu'elle en est hors, il meure,

Elle spirant toujours celeste flame.



La terre est doncq' le cercueil et la lame

Du cors, qui mort ensepulchré demeure,

En attendant l'incertaine-extreme heure

Du jugement, que
Juppiter nous trame.



Le cors fragil, caduc et terrien,

Informe n'est, reduit en cendres, rien

Fors ne say qu'on ne voy ny ne peut prendre,



Mais l'ame au
Ciel, son manoir precieus,

Laissant çà bas nôtre cors ocieus,

Tout immortelle, à son tour se va rendre.









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Philibert Bugnyon
(1530 - 1587)
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