Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Michel Leiris

Jolly fellow - Poéme


Poéme / Poémes d'Michel Leiris





Quand il est né

certains disent qu'il avait

des filaments de mal de cœur à la place du liège

de ses cheveux

un bouchon de cœur à la place du liège

un bouchon de liège à la place du cœur

Toute la famille pâlit

les boiseries craquèrent

mais les fées aux bouches longues comme des fleuves

qui charrient des fièvres chantèrent toutes en chœur :
Hé s ajolly fellow nom de
Dieul
He's a jolly fellow

Ses mains étaient des lèvres

ses lèvres des narines

et son front une fève

sèche et serrée comme le poids du génie



quand il abat d'aplomb sa peste pulmonaire sur les épaules d'un adolescent trop vite poussé qui croit encore à la folie du vent à la fraîcheur des roses maraîchères

Tout jeune il aimait, lui, la piraterie — ou-bien plutôt l'atroce pitrerie — des luttes amoureuses les bouches collées à ses pieds de sourcils le cercueil des nombrils les dents rivées à ses ongles moqueurs
Tout jeune il profitait déjà des amoureuses de leurs caresses délétères mais surtout il aimait se saouler et vomir comme pour recracher toutes les pourritures de ciel et terre
Hé s ajolly fellow nom de
Dieu!
Hé s a jolly fellow

Il se promenait en sifflotant

et les airs qui sortaient de ses dents

égayaient jusqu'aux plantes potagères

qui poussent dans de petits enclos extrêmement

dégoûtants arrosées par les pleurs les pollutions secrètes de la terre

Un ragtime en suit un autre
Une aventure en vaut

une autre dans ce bagne de verres vidés où nous claquons du bec

littéralement



quand il abat d'aplomb sa peste pulmonaire sur les épaules d'un adolescent trop vite poussé qui croit encore à la folie du vent à la fraîcheur des roses maraîchères

Tout jeune il aimait, lui, la piraterie — ou-bien plutôt l'atroce pitrerie — des luttes amoureuses les bouches collées à ses pieds de sourcils le cercueil des nombrils les dents rivées à ses ongles moqueurs
Tout jeune il profitait déjà des amoureuses de leurs caresses délétères mais surtout il aimait se saouler et vomir comme pour recracher toutes les pourritures de ciel et terre
Hé s ajolly fellow nom de
Dieu!
Hé s a jolly fellow

Il se promenait en sifflotant

et les airs qui sortaient de ses dents

égayaient jusqu'aux plantes potagères

qui poussent dans de petits enclos extrêmement

dégoûtants arrosées par les pleurs les pollutions secrètes de la terre

Un ragtime en suit un autre
Une aventure en vaut

une autre dans ce bagne de verres vidés où nous claquons du bec

littéralement



Alors comme d'habitude il dégueula

puis tout naturellement ses yeux se dilatèrent

«
Un bon morceau de cervelas ferait beaucoup mieux

notre affaire, crièrent les vers qui le rongèrent.
He's a jolly fellow nom de
Dieu!
Il nous faut donc manger son corps de martyr glorieux »

La neige douce de son corps de son ventre de visage de son village d'aisselles fondit lentement et sans chansons sous la caresse de cette vermine insoucieuse des vaisselles
Un clocher se dressa des persiennes claquèrent puis les oiseaux revinrent en ribambelles et plus d'une cruche se fêla

Jusqu'à la nuit les matelots dansèrent

Les verres furent bientôt vides et l'on se sépara

mais dans une ruelle obscure plusieurs mendiantes

jusqu'à l'aube chantèrent : «
He's a jolly fellow nom de
Dieul
He's a jolly fellow

Mais qui donc

qui donc ouvrira la fenêtre? »












Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Michel Leiris
(1901 - 1990)
 
  Michel Leiris - Portrait  
 
Portrait de Michel Leiris


La vie et l\'Œuvre de michel leiris

Né à Paris en 1901, Michel Leiris commence à écrire vers l'âge de vingt ans, bientôt soutenu par son aîné, le peintre André Masson, qui lui découvre tout un univers. Dès 1924, l'année où André Breton publie le Manifeste du surréalisme, il participe à ce mouvement, dont il se séparera en 1929, sans renoncer aux buts de total affranchissement psychologique et social que les surréalistes s'étaient as

Biographie / bibliographie

20 avril 1901 Naissance à Paris