Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Marceline Desbordes-Valmore

La promenade d'automne - Poéme


Poéme / Poémes d'Marceline Desbordes-Valmore





Te souvient-il, ô mon âme, ô ma vie,
D'un jour d'automne et pâle et languissant?
Il semblait dire un adieu gémissant
Aux bois qu'il attristait de sa mélancolie.
Les oiseaux dans les airs ne chantaient plus l'espoir;
Une froide rosée enveloppait leurs ailes,
Et, rappelant au nid leurs compagnes fidèles,
Sur des rameaux sans fleurs ils attendaient le soir.



Seule, je m'éloignais d'une fête bruyante,
Je fuyais tes regards, je cherchais ma raison.
Mais la langueur des champs, leur tristesse attrayante,
A ma langueur secrète ajoutaient leur- poison.
Sans but et sans espoir, suivant ma rêverie,
Je portais au hasard un pas timide et lent;
L'Amour m'enveloppa de ton ombre chérie,
Et, malgré la saison, l'air me parut brûlant.



Je voulais, mais en vain, par un effort suprême,
En me sauvant de toi, me sauver de moi-même.
Mon œil voilé de pleurs, à la terre attaché,
Par un charme invincible en fut comme arraché.
A travers les brouillards, une image légère
Fit palpiter mon sein de tendresse et d'effroi;



Le soleil reparaît, l'environne, l'éclairé.
Il entr'ouvre les cieux...
Tu parus devant moi.
Je n'osai te parler; interdite, rêveuse,
Enchaînée et soumise à ce trouble enchanteur,
Je n'osai te parler: pourtant j'étais heureuse;
Je devinai ton âme, et j'entendis mon cœur.

Mais quand ta main pressa ma main tremblante,
Quand un frisson léger fit tressaillir mon corps,
Quand mon front se couvrit d'une rougeur brûlante,



Dieu ! qu'est-ce donc que je sentis alors?
J'oubliai de te fuir, j'oubliai de te craindre;
Pour la première fois ta bouche osa se plaindre,
Ma douleur à la tienne osa se révéler,
Et mon âme vers toi fut prête à s'exhaler!
Il m'en souvient!
T'en souvient-il, m'a vie,
De ce tourment délicieux,
De ces mots arrachés à ta mélancolie :

«
Ah ! si je souffre, on souffre aux cieux ! »



Des bois nul autre aveu ne troubla le silence.
Ce jour fut de nos jours le plus beau, le plus doux;
Prêt à s'éteindre enfin il s'arrêta sur nous,
Et sa fuite à mon cœur présagea ton absence !



L'âme du monde éclaira notre amour;
Je vis ses derniers feux mourir sous un nuage ;
Et dans nos cœurs brisés, désunis sans retour.

Il n'en reste plus que l'image.











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Marceline Desbordes-Valmore
(1786 - 1859)
 
  Marceline Desbordes-Valmore - Portrait  
 
Portrait de Marceline Desbordes-Valmore


Biographie / Œuvres

Née à Douai en 1786, elle devient chanteuse puis comédienne et elle épouse en 1817 un certain Valmore, acteur dont elle fera passer le nom à la postérité.

Chronologie