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Louise Labé



Biographie / chronologie de Louise Labé


Poésie / Poémes d'Louise Labé





Pierre Charly, apprenti cordier (peut-être d'origine italienne), né aux alentours de 1470, illettré au point de ne pas savoir signer, épouse Guillermette Decuchermois, sans doute âgée ; celle-ci est veuve depuis 1489 de Jacques Humbert, dit Labé (ou L'Abbé [forme la plus ancienne], l'Abé, Labbé, Labbyt), cordier installé rue de l'Arbre sec. Pierre reprend le surnom de Labé, qui est attaché au fonds. Il s'agit d'une raison sociale, et c'est bien ainsi que Louise l'utilisera, comme nom de plume.







Vers 1493:

Pierre Charly, apprenti cordier industrieux mais illettré, épouse Guillemette Decuchermois, veuve de Jacques Humbert, dit Labé, artisan cordier prospère demeurant rue de l'Arbre-sec au pied de la colline Saint-Sébastien à Lyon. Ils ne semblent pas avoir eu d'enfants.



Vers 1514:

Décès de Guillemette. Pierre Charly, dit Labé à son tour, est devenu propriétaire d'un atelier, d'une maison de trois étages et d'un vaste jardin, rue de l'Arbre-sec.



Vers 1515:

Pierre Charly se remarie avec Étiennette Roybet, dont il hérite une propriété, la Gela, et d'autres possessions immobilières dans le quartier lyonnais qui correspond à l'actuelle place Morel. De cette seconde union naîtront cinq enfants: trois fils (Barthélémy, François et Mathieu) et deux filles (Claudine et Louise).



Entre 1516 et 1523:

Naissance de Louise Labé rue de l'Arbre-sec ou à la Gela, propriété de ses parents à Lyon.



1520:

Traduction française de l'Éloge de la Folie d'Érasme, publiée par Galliot du Pré à Paris.



Vers 1523:

Décès d'Étiennette, mère de Louise Labé.



Avant 1527 :

Agé de plus de soixante ans, Pierre Charly se remarie avec Antoinette Taillard, fille d'un maître-boucher (les bouchers ont alors un statut social supérieur à celui des cordiers). De cette troisième union naîtront deux enfants: Jeanne et Pierre II Charly, dit Labé.



1528:

Publication d'une traduction partielle des Dialogues de Lucien en latin à Strasbourg. Louise Labé s'inspirera du deuxième dialogue dans son Débat de Folie et d'Amour.



1531 :

Première édition lyonnaise des Triomphes de Pétrarque en français (réimprimée en 1545 et 1550; en italien en 1551).



1532:

Clément Marot, L'Adolescence Clémentine; L'Arioste, Roland furieux.

1532 ou 1533: Publication du Pantagruel de Rabelais à Lyon chez Claude Nourry. Naissance possible de Clémence de Bourges, amie de Louise Labé.



1533:

Publication du Platon de Marsile Ficin à Lyon. L'engouement pour Pétrarque s'intensifie avec la découverte du prétendu tombeau de Laure de Noves à Avignon par Maurice Scève.



1534:

En tant que maître des métiers, Pierre Charly, dit Labé, est appelé devant l'assemblée des Consuls pour approuver la fondation de l'Aumône générale. Publication des 21 premières élégies de Marot dans la Suite de l'Adolescence Clémentine. Publication probable du Gargantua de Rabelais chez François Juste à Lyon.



1537:

Traduction du Courtisan de B. Castiglione par J. Colin, publiée à Lyon chez François Juste.



1539:

Grand «tric» (grève) des imprimeurs de Lyon.



1542 :

Louise Labé aurait pris part, en habits masculins, au siège ou au tournoi de Perpignan (cf. Ode XXIV des Escriz) sous le nom du «Capitaine Loys» (selon Antoine du Verdier). Son frère François lui a probablement appris l'escrime et l'équitation. Premiers vers de Ronsard.



1543 :

Le 15 août, Pierre Charly, âgé de 78 ans, fait faire son testament. Mort de Copernic et publication de son De Revolutionibus orbium cœlestium.

1544: Mort de Clément Marot à Turin. Publication de la Délie de Maurice Scève à Lyon chez Sulpice Sabon pour Antoine Constantin.



Entre 1543 et 1545:

Louise Labé épouse Ennemond Perrin, modeste artisan cordier demeurant à l'angle de la rue Notre-Dame-de-Confort et de la rue ensuite appelée Belle-Cordière à Lyon.



1545:

Publication posthume des Rymes de Pernette du Guillet. amie de Louise Labé et de Maurice Scève, par les soins d'Antoine du Moulin chez l'imprimeur Jean de Tournes. Traduction des Atolains de Bembo par J. Martin en français: Louise Labé y fera plusieurs emprunts dans le Débat de Folie et d'Amour. Début du concile de Trente.

1546 : Première édition du Tiers Livre de Rabelais chez Wechel à Paris, réimprimée la même année à Lyon. Publication de la traduction française du De Amore de Marsile Ficin. Mort de Luther. Pierre Lescot commence à travailler au Louvre.



1547:

Marguerite de Navarre, Poésies. Rencontre de Ronsard et Du Bellay. Mort de François I'r et avènement de Henri II.



1548 :

Publication de l'Art Poétique Françoys de Thomas Sebillet, théoricien de l'école marotique. Louise Labé commence sans doute la composition du Débat de Folie et d'Amour. Entrée solennelle de Henri II et de Catherine de Médicis le 23 septembre à Lyon. François, frère de Louise, y joue de l'épée et tient un rôle dans la « batterie aux armes » et dans la représentation d'une bataille navale. Le père de Louise a fourni les cordages pour les bateaux. Brillantes fêtes nocturnes.



1549:

Décès de Marguerite de Navarre. Publication de la Défense et Illustration de la langue française et de VOlive de Du Bellay à Paris. Les Erreurs amoureuses de Pontus de Tyard paraissent anonynement à Lyon chez Jean de Tournes.



1550:

Quatre premiers livres des Odes de Ronsard.

Deuxième édition de l'Olive de Du Bellay, complète avec 115 sonnets.

Entre 1548 et 1551 : Décès de Pierre Charly, père de Louise Labé. Son fils François lui succède comme chef de famille.



1551:

Le 2 avril, Louise Labé et son mari achètent une maison avec jardin près de l'actuelle place Bellecour à Lyon. Publication de la traduction française des Dialogues d'amour de Léon L'Hébreu par Pontus de Tyard chez Jean de Tournes à Lyon.



1552:

Louise Labé commencerait à écrire ses sonnets. Allusions aux mœurs légères de Louise Labé dans un témoignage devant le Consistoire de Genève. Calvin en tirera sans doute argument pour traiter Louise Labé de «plebeiad meretrix» (vulgaire courtisane). Publication des Amours de Ronsard et du Cinquième Livre des Odes. L'édition complète du Quart Livre de Rabelais paraît à Paris et également à Lyon chez Balthasar Aleman sous le nom de Michel Fezandat.



1553? - août 1558:

Querelle et procès entre François Charly, frère de Louise, et Antoinette, leur belle-mère, au sujet du testament laissé par Pierre Charly.



1553 :

Date probable de la composition des élégies I et III de Louise Labé. Publication des Amours d'Olivier de Magny à Paris: les 102 sonnets sont adressés à. la Castianire et précédés d'un sonnet parfois attribué à Louise Labé.



1554 :

Date probable de la composition de la deuxième élégie. Olivier de Magny publie les Onzième et Douzième Livres de l'Iliade dans la traduction qu'avait laissée Hugues Salel, son ancien protecteur, et où figure en appendice une élégie parfois attribuée à Louise Labé. Magny séjourne à Lyon en route pour l'Italie : il est secrétaire de l'ambassadeur Jean d'Avanson, son nouveau protecteur, à qui il a dédié la traduction de Salel. Publication d'une ode et d'une strophe de Sapho en grec dans les Odes d'Anacréon par Henri Estienne à Paris. Publication à Bâle du fameux poème • A une aimée de Sapho dans le Traité du Sublime de Longin en grec.



1555:

Le 13 mars (1554 ancien style), Louise Labé demande au roi le privilège d'édition pour la publication de ses œuvres. Le 24 juillet, elle date son épître dédi-catoire à Clémence de Bourges (1532 ? - 1562 ?), jeune femme cultivée appartenant à un milieu social beaucoup plus élevé que le sien (son père avait été échevin à Lyon) et que Louise a peut-être connue au couvent de la Déserte dans le quartier de la Gela à Lyon. On trouve, en effet, du côté maternel de Louise des bienfaiteurs de la Déserte (les Deschamps) et il est fort possible qu'après le décès de sa mère cette enfant exceptionnelle qu'était Louise ait été confiée aux sœurs de la Déserte pour son éducation : c'est là qu'elle aurait appris non seulement la broderie et la musique mais peut-être aussi le latin et l'italien. Cela expliquerait également comment elle a pu, par la suite, entrer en contact avec les milieux érudits de Lyon qu'il lui aurait été difficile de pénétrer autrement : l'humaniste Jean de Vauzelles, allié de famille des Scève, était aumônier de la Déserte (voir le sonnet IX des F.scriz. P- 152, signé D'IMMORTEL ZELE). Le 12 août, Jean de Tournes, le fameux imprimeur lyonnais, fait paraître les Œuvres de Louise Labé. Publication du Solitaire Second de Pontus de Tyard, de la Continuation des Amours et des Hymnes de Ronsard, de la Dialectique de Pierre de la Ramée, des quatre Centuries de Nostradamus, des Amours de Franchie de J.-A. de Baïf, de l'Amour des Amours et de l'Art poétique de Jacques Pcletier du Mans (à la suite de ce dernier ouvrage se trouve une ode dédiée à Louise Labé: cf. «Regards sur Louise Labé, N° 3).



1556:

Seconde édition revue et corrigée des Œuvres de Louise Labé. L'erratum de l'édition princeps est rectifié dans le texte mais d'autres fautes sont commises. Parution de deux odes de Sapho dans l'édition gréco-latine des Odes d'Anacréon par Henri Estienne à Paris. Première traduction française du poème «A une aimée » par Remy Belleau dans les Odes anacréontiques (et Hymnes) à Paris.



1557:

Diffusion d'une chanson scandaleuse faisant allusion, entre autres, à une liaison entre Louise Labé et un banquier italien :



CHANSON NOUVELLE (anonyme)

L'autre jour je m'en allois Mon chemin droict à Lyon; Je logis chez la Cordière Faisant le bon compagnon. S'a dit la dame gorrière, -Approchez vous mon ami, La nuict je ne puis dormir. »

Il y vint un Florentin,

Luy monstr' argent à grant somme ;

Tout habillé de satin,

Il faisoit le gentilhomme.

EU' le receut doucement

Pour avoir de la pecune,

Le but où elle prétend

C'est pour avoir de l'argent.



Le Florentin en question ne peut être que Thomas Fortin (Fortini), puissant allié des Strozzi (il est parrain d'un enfant de l'illustre famille), établi banquier à Lyon et qui, à l'époque, investit de l'argent pour Louise Labé dans cette sorte d'emprunt du roi qu'est le •grand party» de Lyon (voir Testament de Louise Labé). Les 14 et 23 septembre, Louise Labé achète une maison de campagne, un pré, deux vignes et quelques lopins de terre à Massieux, près de Parcieux-en-Dombes, à une vingtaine de kilomètres de Lyon. Publication des Soupirs d'Olivier de Magny à Paris.



Entre janvier 1555 et septembre 1557 : Mort d'Enne-mond Perrin, mari de Louise.

1558: Publication des Regrets, des Jeux rustiques, des Antiquités de Rome et des Pœmata de Du Bellay.

1559: Parution des Odes d'Olivier de Magny à Paris. L'ode « A Sire Aymon » affiche une moquerie méprisante pour le mari de Louise Labé et d'autant plus ignoble qu'Ennemond Perrin est mort depuis moins de deux ans:



Ode XL



Si je voulois par quelque effort Pourchasser la perte, ou la mort

Du sire Aymon, & j'eusse envye

Que sa femme luy fut ravie,

Ou qu'il entrast en quelque ennuy.

Je serais ingrat envers luy.



Car alors que je m'en vois veoir

La beaulté qui d'un doulx pouvoir

Le cueur si doucement me brulle.

Le bon sire Aymon se reculle,

Trop plus ententif au long tour

De ses cordes, qu'à mon amour.



Publication du texte complet de VHeptaméron de Marguerite de Navarre par Claude Gruget à Paris et de l'édition latine définitive de Ylnstitutio de Calvin. Le 10 juillet, Henri II meurt dans un tournoi. Avènement de François IL



1560:

Louise Labé achète d'autres terres à Parcieux. Mort de Du Bellay. Mort de François II, avènement de Charles IX et régence de Catherine de Médicis. Traduction française de l'édition définitive de ['Institution chrétienne de Calvin. Première édition collective des Œuvres de Ronsard.



1561 :

Mort probable d'Olivier de Magny. Colloque de Poissy.



1562:

Louise Labé achète une autre vigne à Parcieux. Édit de tolérance. Massacre de Wassy. Première guerre de religion: le 30 avril, sous le commandement du baron des Adrets, les « religionnaires » (Protestants) s'emparent de Lyon. Sanglantes émeutes. «Règne de l'Évangile» à Lyon pendant un an. Plusieurs membres de la famille de Louise deviendront protestants, son beau-père et ses cousins, entre autres ; mais elle restera catholique. Mort probable de Clémence de Bourges. Publication posthume du Microcosme de Maurice Scève et de l'lle sonnante de Rabelais. Ronsard publie le Discours des misères de ce temps et sa Continuation ainsi que la Remontrance au peuple de France.



1563:

Assassinat du duc de Guise. Paix d'Amboise. Charles IX est proclamé majeur: il a 14 ans. Clôture du concile de Trente,



1564:

La peste se déclare à Lyon. Les amis de Louise Labé meurent ou se dispersent. Mort de Calvin et de Michel-Ange. Publication du texte complet du Cinquième Livre de Rabelais.



1565:

Malade, Louise Labé se retire chez son ami Thomas Fortin (Fortini), banquier d'origine florentine, avec lequel elle est liée depuis une huitaine d'années. Le 28 avril, elle dicte son testament en présence de Thomas Fortin. Elle fait d'importantes donations à l'Aumône générale (cf. supra 1534), laisse à Fortin l'usage de la propriété de Parcieux (usage dont il s'acquittera d'ailleurs fort mal) et fait de ses neveux — les enfants de son frère François décédé — ses « héritiers universels» selon sa propre formule.



1566:

Décès de Louise Labé avant le 15 février. Elle est inhumée dans sa propriété de Parcieux-en-Dombes.



Cette chronologie doit beaucoup aux travaux de Georges Tricou et de Kenneth Varty (voir notre Bibliographie) ainsi qu'aux notes et documents inédits que Natalie Z. Davis a eu l'amabilité de me communiquer. Inutile de dire, cependant, que je n'engage que ma seule responsabilité quant à l'exactitude des faits présentés ici.

F. R.













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Louise Labé
(1524 - 1566)
 
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Portrait de Louise Labé


Biographie / chronologie

Pierre Charly, apprenti cordier (peut-être d'origine italienne), né aux alentours de 1470, illettré au point de ne pas savoir signer, épouse Guillermette Decuchermois, sans doute âgée ; celle-ci est veuve depuis 1489 de Jacques Humbert, dit Labé (ou L'Abbé [forme la plus ancienne], l'Abé, Labbé, Labbyt), cordier installé rue de l'Arbre sec. Pierre reprend le surnom de Labé, qui est attaché au fond

Bibliographie

Louise Labé (ou Labbé) est née à Lyon vers l'année 1524. Son père, Pierre Charly, était un cordelier de la ville. Elle tirera son surnom, la belle cordelière, de son père aussi bien que de son futur époux, Ennemont Perrin, qui exercera la même activité.