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Jules Supervielle

Retour a paris - Poéme


Poéme / Poémes d'Jules Supervielle





Je voudrais vivre de mes souvenirs à petites bouffées et que ne seraient-ils la rente fumeuse de mes voyages.
Mais ils veulent que je m'occupe d'eux tous en même temps.

Heureux celui qui dit :
Entrez! et ne voit s'avancer qu'un seul souvenir très déférent.
Voici des images de tous les formats, retour de voyage, des tiroirs qui n'entrent pas tous dans les vides de mes

vieilles commodes, un bois de cèdres au naturel,

des troupeaux de moutons coulant comme des fleuves, des cataractes effroyables qui semblent tomber de

l'au-delà, et une pampa près de quoi la véritable n'est qu'un bout de terrain vague des environs de

Paris.

Comme je serais heureux d'envoyer le tout chez

l'encadreur, et qu'il n'en soit plus question!
Mais peut-être m'habituerai-je à ces choses de toute

les tailles que je porte en moi et autour de moi



et finirai-je par montrer l'embonpoint moral

de la marchande de l'avenue du
Bois

qui a de grands et de petits cerceaux

et du réconfort pour tous les âges!

Voici venir des charpentiers,

des égorgeurs,

des sages-femmes.

Entrez, mes chers metteurs en ordre,

je ne vous demande qu'une grâce,

ne touchez pas à ce que j'appellerai mon âme,

accessoire trop délicat pour vos grosses mains

ouvrières, ni à mon casque des colonies qui me fut donné par une famille d'indigènes un dimanche, sous l'équateur, ne touchez pas à ces choses

je vais repartir.













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Jules Supervielle
(1884 - 1960)
 
  Jules Supervielle - Portrait  
 
Portrait de Jules Supervielle


Biographie / Œuvres

Ses parents, français, se sont expatriés en Uruguay pour fonder une banque. De retour en France pour des vacances, l'année même de la naissance de Jules, il meurent tous les deux : il devait y avoir quelque chose dans l'eau du robinet… C'est son oncle et sa tante qui l'élèvent et qui s'occupent de la banque en Uruguay.
Ce n'est qu'à l'âge de 9 ans qu'il apprend qu'il est adopté.

Chronologie

De 1880 à 1883 : Bernard, oncle du poète, fonde en Uruguay une banque avec sa femme Marie-Anne. Cette entreprise devient rapidement familiale : Bernard demande à son frère Jules, père du poète, de venir le rejoindre en Uruguay. Jules fait du trio un parfait quatuor en épousant sa propre belle-soeur, Marie, soeur de Marie-Anne et mère du poète.