Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Jean de La Fontaine

Les animaux malades de la peste - Poéme


Poéme / Poémes d'Jean de La Fontaine





Un mal qui répand la terreur,
Mal que le
Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie;
Nul mets n'excitait leur envie.
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie;
Les tourterelles se fuyaient;
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le
Lion tint conseil, et dit : «
Mes chers amis,
Je crois que le
Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune.
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents

On fait de pareils dévouements.
Ne nous flattons donc point; voyons sans indulgence

L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons.
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait?
Nulle offense;
Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :



Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse. —
Sire, dit le
Renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché?
Non, non.
Vous leur fîtes,
Seigneur,

En les croquant, beaucoup d'honneur;

Et quant au berger, l'on peut dire

Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux

Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le
Renard; et flatteurs d'applaudir.

On n'osa trop approfondir
Du
Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : «
J'ai souvenance

Qu'en un pré de moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. »
A ces mots on cria haro sur le
Baudet.
Un
Loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ôe galeux, d'où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui! quel crime abominable!

Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.



Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.













Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Jean de La Fontaine
(1621 - 1695)
 
  Jean de La Fontaine - Portrait  
 
Portrait de Jean de La Fontaine


Bibliographie

8 juillet 1621.
Naissance et baptême de Jean de La Fontaine. (Paroisse de Château-Thierry.) Son père est Charles de La Fontaine, conseiller du roi et maître des eaux et forêts, fils de bourgeois champenois. Sa mère est Françoise Pidoux de bonne maison poitevine, veuve remariée.

Biographie / Œuvres

Jean de La Fontaine passe ses premières années à Château-Thierry dans l'hôtel particulier que ses parents, Charles de La Fontaine, Maître des Eaux et Forêts et Capitaine des Chasses du duché de Château-Thierry, et Françoise Pidoux, fille du bailli de Coulommiers, ont acheté en 1617 au moment de leur mariage. Le poète gardera cette maison jusqu'en 1676. Classée monument historique en 1886, la demeu