Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Jean de La Fontaine

éloge des jardins : hortésie - Élégie


Élégie / Poémes d'Jean de La Fontaine





«
J'ignore l'art de bien parler,
Et n'emploirai pour tout langage
Que ces moments qu'on voit couler
Parmi les fleurs et de l'ombrage.
Là luit un soleil tout nouveau ;
L'air est plus pur, le jour plus beau ;
Les nuits sont douces et tranquilles ;
Et ces agréables séjours
Chassent le soin, hôte des villes,
Et la crainte, hôtesse des
Cours.



Mes appâts sont les alcyons
Par qui l'on voit cesser l'orage
Que le souffle des passions
A fait naître dans un courage ;
Seule, j'arrête ses transports :
La raison fait de vains efforts
Pour en calmer la violence ;
Et, si rien s'oppose à leur cours,
C'est la douceur de mon silence,
Plus que la force du discours.



Mes dons ont occupé les mains
D'un empereur sur tous habile,
Et le plus sage des humains
Vint chez moi chercher un asile ;
Charles, d'un semblable dessein
Se venant jeter dans mon sein,
Fit voir qu'il était plus qu'un homme
L'un d'eux pour mes ombrages verts
A quitté l'empire de
Rome,
L'autre celui de l'Univers.

Ils étaient las des vains projets
De conquérir d'autre provinces ;
Que s'ils se firent mes sujets,
De mes sujets je fais des princes.
Tel, égalant le sort des rois,
Aristée errait autrefois
Dans les vallons de
Thessalie,
Et tel, de mets non achetés,
Vivait sous les murs d'Œbalie
Un amateur de mes beautés.

Libre de soins, exempt d'ennuis,
Il ne manquait d'aucunes choses :
Il détachait les premiers fruits,
Il cueillait les premières roses ;
Et quand le ciel armé de vents
Arrêtait le cours des torrents
Et leur donnait un frein de glace
Ses jardins remplis d'arbres verts
Conservaient encore leur grâce,
Malgré la rigueur des hivers.



Je promets un bonheur pareil
A qui voudra suivre mes charmes ;
Leur douceur lui garde un sommeil
Qui ne craindra point les alarmes.
Il bornera tous ses désirs
Dans le seul retour des
Zéphyrs ;
Et, fuyant la foule importurne,
Il verra du fond de ses bois
Les courtisans de la fortune
Devenus esclaves des rois.

J'embellis les fruits et les fleurs :
Je sais parer
Pomone et flore ;
C'est pour moi que coulent les pleurs
Qu'en se levant verse l'Aurore.
Les vergers, les parcs, les jardins,
De mon savoir et de mes mains
Tiennent leurs grâces nonpareilles ;
Là j'ai des prés, là j'ai des bois ;
Et j'ai partout tant de merveilles
Que l'on s'égare dans leur choix.

Je donne au liquide cristal
Plus de cent formes différentes,
Et le mets tantôt en canal,
Tantôt en beautés jaillissantes ;
On le voit souvent par degrés
Tomber à flots précipités ;
Sur des glacis je fais qu'il roule,
Et qu'il bouillonne en d'autres lieux ;
Parfois il dort, parfois il coule,
Et toujours il charme les yeux.

Je ne finirais de longtemps
Si j'exprimais toutes ces choses :
On aurait plus tôt au printemps
Compté les œillets et les roses.
Sans m'écarter loin de ces bois,
Souvenez-vous combien de fois
Vous avez cherché leurs ombrages :
Pourriez-vous bien m'ôter le prix,
Après avoir par mes ouvrages
Si souvent charmé vos esprits ? »










Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Jean de La Fontaine
(1621 - 1695)
 
  Jean de La Fontaine - Portrait  
 
Portrait de Jean de La Fontaine


Bibliographie

8 juillet 1621.
Naissance et baptême de Jean de La Fontaine. (Paroisse de Château-Thierry.) Son père est Charles de La Fontaine, conseiller du roi et maître des eaux et forêts, fils de bourgeois champenois. Sa mère est Françoise Pidoux de bonne maison poitevine, veuve remariée.

Biographie / Œuvres

Jean de La Fontaine passe ses premières années à Château-Thierry dans l'hôtel particulier que ses parents, Charles de La Fontaine, Maître des Eaux et Forêts et Capitaine des Chasses du duché de Château-Thierry, et Françoise Pidoux, fille du bailli de Coulommiers, ont acheté en 1617 au moment de leur mariage. Le poète gardera cette maison jusqu'en 1676. Classée monument historique en 1886, la demeu