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Jean de Bosschère

Le levain des jours - Poéme


Poéme / Poémes d'Jean de Bosschère





Le levain des jours de suies amères tout encombré d'algues vomies dans la fièvre infernale d'oxydes, sous l'effondrement accompli des tours, égorge et enclave l'âme consumée.



Encore une fois haletante du sublime

je me lève avec l'arme du bélier :

où frapper en pleine gloire

où tuer très justement,

mon ange noir,

répondez.

Je croyais hurler de cyclones

et tu ne m'entends pas.

Ai-je perdu la divine voix

du seul enfer, du noir infernal,

ai-je perdu le diamant noir de
Satan

et la lumière tranchante donnée

par la justice enfin des souterrains de vérité,

la voix reçue, en grâces et crédits innommés,

malgré les
Dieux, malgré les hommes,

m'a-t-on arraché la voix

qui arrêtait les troupeaux des races,

les caravanes et les concerts des philosophes,

qui laissait les hommes en suspens

levés comme un marteau soudainement maudit,

comme la main épouvantée de la femme qui se couvre,



m'as-tu cruellement nié,

après le goût pris de tes délices sombres,

le regard de fer sorti du curare de la vérité

qui paralysait le saut des cirques et des bêtes ?

Et tout restait monstrueusement ouvert

comme des océans vides aux lits de sable mort.

Ma voix de poison des grandes louanges

cabrait en statue tous les hommes

et je croyais bien souvent que le soleil suspendu

commendait l'arrêt des lunes

et je savais que l'épouvante liait les gorges et les cœurs.

M'a-t-on interdit le geste qui massacre

les droits bénins, la justice des maîtres ?



Que l'on me laisse et je m'arrache,

j'ai encore cette parole,

je le dis et jure,

je contiens encore cette parole

si tout s'écroule sous mes mains

immaculées de mensonges

maudites comme bénies.

Les chutes qui chantent .

descendent comme un brouillard d'or.



Du vertige qui s'écrase

va surgir la mutation triomphale.
L'ineffable bondissement de falaise en falaise sur les roses enfin apaisées et sur les chairs enfin consumées, dans la résorption du finale qui n'a plus nom sur terre, dans la fin de la flamme éternelle.











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Jean de Bosschère
(1878 - 1953)
 
  Jean de Bosschère - Portrait  
 
Portrait de Jean de Bosschère


Biographie

Au début de 1915, Boschère quitte la Belgique occupée pour Londres, où il lie son sort à celui des Imagistes anglo-américains : The Closed Door (1917) et Job le Pauvre (1922), parus à Londres, obéissent aux préceptes de la nouvelle école, mais disent surtout la découverte de la révolte comme progrès spirituel. Après avoir voyagé en Italie, Boschère s'installe à Paris, où paraît, en 1927, Marthe et

Chronologie jean de boschere

1878 — Naissance à Uccle, près de Bruxelles, de Jean de Boschère.
1884-1894 — La famille s'installe à Lierre dans la Campinc, époque de laquelle Boschère tirera l'un de ses grands romans : Marthe et l'Enragé.
1894 — Installation à Anvers et entrée à l'Académie des beaux-arts, en 1898.
1900-1905 — Premiers voyages à Paris.
1905-1909 — Publication d'une série d'ouvrages s

Boschere vu par...

« C'est la vie soufrée de la conscience qui remonte au jour avec ses lumignons et ses étoiles, ses tanières, son firmament, avec la vivacité d'un pur désir, avec son appel à une mort constante avoisinant la membrane de la résurrection. Jean de Boschère m'a fait. Je veux dire qu'il m'a montré combien lui et moi nous nous ressemblions et nous étions proches, et cette preuve au moment où je suis m'es

Bibliographie des oeuvres poÉtiques

Béâle-Gryne, L'Occident, 1909. Traduction en russe par M. Vezélov-sky, éditions Lazare Stoliar, Moscou, 1914.
The Closed Door, édition bilingue avec traduction anglaise par F.S. Flint, préface de May Sinclair, John I.ane. I.ondres, 1917.