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Jean de Bosschère

Colonne baroque - Poéme


Poéme / Poémes d'Jean de Bosschère





Les mâchoires d'enclume d'ici

de l'enfer épouvantable d'abîme

qui fait bouillir ses baves dans un cauchemar vert,

les mâchoires se crispent sur les fantoches,

font carnage de toutes les divinités.



Alors notre troupe burlesque, libérée,

celle des prophètes laurés et roses,

avec le sceau d'une ride sur le sourcil,

se tord en spirale, s'élève comme un fût de roseau

dépêtrée avec justice des pierrots sanctifiés de la vallée.



S'évadant de la gueule du jour, la grenouille bondit, nous, écorchés dans l'épine, nous avons inventé l'amour, fondant un firmament habitable comme un aveugle crée l'univers.



D'une fausse géographie, par une plaie de cervelles obscures, nous bâtissons dans une révolte de dégoût stupide, l'amour, après l'édifice de strabites de la poésie.



Etoile grise, l'alouette gravit l'escalier du chant,

puis nous creusons la flûte qui hisse une colonne baroque,

fait jaillir une tour de cristal

croissant mieux qu'une fumée d'ailes vers les deux de forêts,

tour de silence sans frémissement de syllogisme,

mais elle monte dans des vides glacés,



dépasse les fumées colorées des cuisines,

puis s'élance plus haut que le carbone des arbres,

plus haut que les exhalaisons vertes des villes

dans les nues irrespirables des emblèmes mythologiques.

La démarche des notes se suit sur l'échelle,

comme des maniaques entêtés pressés vers un but palpitant.

Marche à marche, des pulsations sonnent,

dans les globes crevant du chalumeau barbare.



Et je monte, les nerfs arqués, dans ce mensonge

de tour de verre, qui mène au voyage des amours, des musiques.

J'accepte de plonger dans les passions qui périssent.

Immense orgueil, j'ai inventé l'orgue,

tuyaux qui me projettent dans l'opium du néant,

que je choisis, que j'avale lâchement.

La flûte cruelle me soulève en brûlant

vers une dissolution.

La flûte du pâtre me prend à l'éternité

me tue veulement un peu.

Asphyxie

dans la lumière

par l'amour !











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Jean de Bosschère
(1878 - 1953)
 
  Jean de Bosschère - Portrait  
 
Portrait de Jean de Bosschère


Biographie

Au début de 1915, Boschère quitte la Belgique occupée pour Londres, où il lie son sort à celui des Imagistes anglo-américains : The Closed Door (1917) et Job le Pauvre (1922), parus à Londres, obéissent aux préceptes de la nouvelle école, mais disent surtout la découverte de la révolte comme progrès spirituel. Après avoir voyagé en Italie, Boschère s'installe à Paris, où paraît, en 1927, Marthe et

Chronologie jean de boschere

1878 — Naissance à Uccle, près de Bruxelles, de Jean de Boschère.
1884-1894 — La famille s'installe à Lierre dans la Campinc, époque de laquelle Boschère tirera l'un de ses grands romans : Marthe et l'Enragé.
1894 — Installation à Anvers et entrée à l'Académie des beaux-arts, en 1898.
1900-1905 — Premiers voyages à Paris.
1905-1909 — Publication d'une série d'ouvrages s

Boschere vu par...

« C'est la vie soufrée de la conscience qui remonte au jour avec ses lumignons et ses étoiles, ses tanières, son firmament, avec la vivacité d'un pur désir, avec son appel à une mort constante avoisinant la membrane de la résurrection. Jean de Boschère m'a fait. Je veux dire qu'il m'a montré combien lui et moi nous nous ressemblions et nous étions proches, et cette preuve au moment où je suis m'es

Bibliographie des oeuvres poÉtiques

Béâle-Gryne, L'Occident, 1909. Traduction en russe par M. Vezélov-sky, éditions Lazare Stoliar, Moscou, 1914.
The Closed Door, édition bilingue avec traduction anglaise par F.S. Flint, préface de May Sinclair, John I.ane. I.ondres, 1917.