Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Jacques Chessex

L'œil devançant la mémoire - Poéme


Poéme / Poémes d'Jacques Chessex





Tout à l'heure j'ai bu de l'eau d'Évian

En me rappelant cette nuit à l'Hôtel de la
Navigation

C'était beau la tapisserie déchirée les moisissures

Et la baignoire qui sentait la vieille bouche

Une baignoire métaphysique n'était-ce pas?



Un lieu presque d'épouvantement
Si tu t'ouvris soudain au centre du lit
Ecartant tes lèvres et disant mange
Un mets enfin digne de toi

ce lard du déjeuner était trop lourd
Et bois

l'Êvian était trop froide
Trop pleine de souvenirs enfantins de traversées

sur le vapeur blanc
Quand le lac vert bougeait sous la montagne
Dans le globe du paysage rassemblé en seule



goutte de pluie une boule
Irisée et opaque du présent et de l'avenir
Jusqu'à cette chambre ô mange et bois

nourris-toi d'une nourriture enfin translucide
Voilà ce que disait ta bouche saliveuse à ce moment-là
Mais bouche en anneau de perles
Chambre devenue névé ou palais de glace

Ou verrière si le sexe ouvert d'une très belle assiette lente à irradier



Telle vaisselle non fatiguée et l'air bouge

À la peau du beau récipient

ô bouche de
Hedera dans la chambre

Flamme orale du crépuscule

Comme avant le poème assemble

Les images des images

L'ocelle et l'onde au fond du corps

L'œil devançant la mémoire

Au pli du fond amour odeur de mort











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Jacques Chessex
(1934 - 2009)
 
  Jacques Chessex - Portrait  
 
Portrait de Jacques Chessex


Biographie

Jacques Chessex fait ses études à Fribourg, puis à Lausanne où il entreprend des études de lettres et rédige un mémoire sur Francis Ponge. Il s'oriente ensuite vers l'enseignement du français, mais écrit dès son plus jeune âge de la poésie. Il publie en 1954 un premier recueil Le jour proche, bientôt suivi de trois autres volumes Chant de printemps, Une Voix dans la nuit, Batailles dans l'air.