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Jacques Chessex

élégie de l'élégie - Élégie


Élégie / Poémes d'Jacques Chessex





Si
Dieu m'avait dicté mes mots comme il faisait
Quand il avait besoin d'un chant sublime

pour son
Livre!

Fragment du chant premier

Poème toujours à regretter le temps qui se vide

du temps
Plainte condamnée à demeurer l'ombre
De l'orchestre héroïque et doux
Qui faisait sonner ses cuivres solaires dans un autre
Age

Un jour je voyais se lever la lumière

sur une belle forêt vallonnée
Le soleil sortait de l'eau d'un lac
Les oiseaux planaient sur une falaise

ouverte comme un pur visage
Et le poème qui jaillissait de ces cimes

et de leurs pentes
Se muait en élégie aussitôt que je l'écoutais

monter en moi et prendre forme

Un jour j'étais penché sur un beau corps
Me promenant par ses cimes et par ses pentes
Et le poème qui survenait de ce paysage
Se faisait élégie à sa naissance



Jusqu'à ma langue et à mes yeux

Au fond de mon corps pour quelles larmes

Source où je descends à ta nuit de miel frais

pour quel regret
Pour quel savoir de ces départs et de ces halles
Si toujours se réveille un voyageur

à quelles alarmes
Quoi me parle dans la cave de tes os
Toujours pour assombrir mes mots

Le vent par-dessus les forêts accouru de l'Ouest
Apporte la pluie sur la maison et sur les trembles
Où brûle encore un incendie bas et clair
Ton visage passe avec la lueur du soir

sur les tombes d'Elseneur
Où la mésange en toute saison chante un autre air

Mais le vent vient d'autres bois inconnaissables
Et mon chant lie un autre espace que celui

du visible et de l'invisible
Où s'affrontent la joie et l'ombre
Comme le givre et le soleil triste
Dans l'arrière-saison pleine d'odeurs
De pommes trop sucrées et de tombes

Je suis à la recherche du secret

Qui me ferait aimer la mort, dit l'Élégie

Et moi je n'ai pas de peine à lui répondre



Si je suis cette part de moi qui me fuit

Et je dis cette obscurité étale

Sans gloire et sans mensonge attendant

D'être moins sot et moins aveugle

Peut-être à la fin pour voir les rayons du mystère zélé

À m'accabler à me ravir ce peu de terre











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Jacques Chessex
(1934 - 2009)
 
  Jacques Chessex - Portrait  
 
Portrait de Jacques Chessex


Biographie

Jacques Chessex fait ses études à Fribourg, puis à Lausanne où il entreprend des études de lettres et rédige un mémoire sur Francis Ponge. Il s'oriente ensuite vers l'enseignement du français, mais écrit dès son plus jeune âge de la poésie. Il publie en 1954 un premier recueil Le jour proche, bientôt suivi de trois autres volumes Chant de printemps, Une Voix dans la nuit, Batailles dans l'air.