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Henri Michaux

Liberté d'action - Poéme


Poéme / Poémes d'Henri Michaux




Je ne voyage plus.
Pourquoi les voyages m'intéresseraient-ils?

Ce n'est pas ça.
Ce n'est jamais ça.

Je peux l'arranger moi-même, leur pays.

De la façon qu'ils s'y prennent, il y a toujours trop de choses qui ne portent pas.

Ils se sont donné du mal inutilement, ces
New-Yorkais avec leurs gratte-ciel, si faciles à survoler, ces
Chinois avec leurs pagodes et leur civilisation de derrière les fagots.
Moi, je mets la
Chine dans ma cour.
Je suis plus à l'aise pour l'observer.
Et ils n'essayent pas de me tromper comme ils font chez eux, aidés par leur propagande xénophobe.
Ils font chez moi tranquillement leur petit commerce.
L'argent passe, et passe. Ça leur suffit, pourvu qu'il passe.
Et ils arrivent de la sorte à élever leur nombreuse famille... si je leur en laisse le temps.
Même sans argent, ils y arrivent, et à l'avoir peut-être encore plus nombreuse, aidés par la misère et par l'abandon au destin.
Il faut même que j'y prenne garde.

Ce n'est pas moi non plus qui irais au
Tyrol ou en
Suisse, risquer au retour une grève des chemins de fer et des lignes aériennes et de me trouver coincé comme un cancrelat sous une semelle.

Pas si fou!

Les montagnes, j'en mets où et quand il me plaît, où le hasard et des complaisances secrètes m'ont rendu avide de montagnes, dans une capitale, encombrée de maisons, d'autos et de piétons préparés exclusivement à la marche horizontale et à l'air doucereux des plaines.

Je les mets là (pas ailleurs), en pleine construction de briques et de moellons, et les bâtiments n'ont qu'à faire place.

D'ailleurs, ce sont des volcans, mes montagnes, et fin prêts à cracher une nouvelle hauteur en moins de deux.
Ils s'élèvent donc entre les pâtés de maisons du reste affreuses qu'ils bousculent pour prendre place, la place qu'ils méritent.
Ils sont là maintenant.

Sinon, est-ce que je continuerais d'habiter cette ville opaque?
Est-ce que quelqu'un continuerait d'y habiter?

Non.

Sans cette invasion volcanique, la vie dans une grande ville serait bientôt tout à fait insupportable.










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Henri Michaux
(1899 - 1984)
 
  Henri Michaux - Portrait  
 
Portrait de Henri Michaux


Bibliographie

En 1922, lors de son séjour à l'hôpital consécutif à ces problèmes cardiaques, il découvre Lautréamont, dont l'oeuvre lui donne la liberté et l'étincelle créative pour écrire ses propres poèmes. « Cas de folie circulaire », fut son premier poème publié en 1922 dans la revue littéraire Le Disque Vert, dirigée par Franz Hellens. Celui-ci, fervent amateur de Michaux, ira jusqu'à le nommer co-directeu

Œuvres d'henri michaux

Henri Michaux (Namur, 24 mai 1899 - Paris, 19 octobre 1984) est un écrivain, poète et peintre d'origine belge d'expression française naturalisé français en 1955. Son œuvre est souvent rattachée au courant surréaliste, même s'il n'a pas fait partie du mouvement.

Biographie

Né le 24 mai 1899 à Namur, Henri Michaux arrive en 1924 à Paris où il côtoie les peintres surréalistes et se lie d'amitié avec Jules Supervielle et le peintre Zao Wou KI. Après avoir longuement voyagé de 1927 à 1937 en Asie et en Amérique du Sud, il se retire dans le Midi durant la guerre. Il est mort à Paris le 19 octobre 1984. Si la mescaline est en grande partie à l'origine de son œuvre pictura