Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Georges Emmanuel Clancier

Seul - Poéme


Poéme / Poémes d'Georges Emmanuel Clancier





à
Jean
Cassou



La foule aurait guetté ses blessures d'exil,
La foule aurait mûri sa mort en mille attentes,
La foule munnurait au vide : «
Voilà l'homme.
Coi homme qui va, qui voit, qui rêve. »

Mais lui veillait à peine en son regard
El rejetait les chances de son nom.

Docile aux amitiés confuses de ses mains,

De ses pas foulant et créant la nuit,

Il s'égarait — douceur ou plainte sur le monde —

En lui, jusqu'au silence d'un enfant perdu.



De sa présence les gestes étaient tombés.
Les sourires, les marbres violés de la joie.
Lourdes, avec le feu et la rumeur

De chevelures soudain défaites.

Les paroles, toutes les paroles des hommes

Etaient tombées, brûlées au reflet de son cœur.

Il était enfin la voix,

La vie, mais plus phosphorescente,

Le passage, mais encore le miracle.

D'un enfant qui rêvait, qui reprenait


Par delà quel seuil usé du labyrindie ! —

Heure après heure, ombre après ombre.

Le jeu de patience du monde.



Ils auraient haleté : «
Quel homme es-tu ? »
Ils secouaient le piège béant de leur peur.
Ils n'étaient pour lui que poussière avide,
Qu'une écume, au bord de la nuit, abattue.
Et leur foule comme une fleur se déchirait
Et crissait devant le vol de son visage.



Quels peuples, quelles étoiles

Avec un sourd déroulement

Venaient hurler, et frôlaient

Le duvet clair de son oreille.

Sans plus l'éveiller que le vent !

Et pour son éternité.

Pour son moment de dieu,

Sa seconde d'homme apaisé,

Pour ces quelques pas dans la gloire

D'une enfance rejaillie,

En vain les souvenirs, et des amours



Rouges, fiches, pleins déjà

À dégorger la musique du remords,

En vain les processions fardées

De la vie, avec leurs longues mains

Mortes

Cognaient à sa peau.



Lui s'en allait

Il portait à ses doigts une lueur,

À ses lèvres une soif douce.

L'une brillait très loin sur un secret.

L'autre rendait toute chose

Pesante et pleine comme un fruit.











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Georges Emmanuel Clancier
(1914 - ?)
 
  Georges Emmanuel Clancier - Portrait  
 
Portrait de Georges Emmanuel Clancier


La vie et l'Œuvre de georges-emmanuel clancier

1914
Naissance à Limoges le 3 mai. Famille limousine de paysans, d'artisans et d'ouvriers porcelainiers. Le père, officier d'infanterie pendant la guerre, devient, la paix revenue, agent commercial.