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François-Marie Arouet Voltaire

Les amours de charles vii et d'agnès sorel - Poéme


Poéme / Poémes d'François-Marie Arouet Voltaire





Nos deux amants, pleins de trouble et de joie.
Ivres d'amour, à leurs désirs en proie.
Se renvoyaient des regards enchanteurs,
De leurs plaisirs brûlants avant-coureurs.
Les doux propos, libres sans indécence,
Aiguillonnaient leur vive impatience.
Le prince en feu des yeux la dévorait;
Contes d'amour d'un air tendre il faisait,
Et du genou le genou lui serrait.



Le souper fait, on eut une musique
Italienne, en genre chromatique;
On y mêla trois différentes voix
Aux violons, aux flûtes, aux hautbois.
Elles chantaient l'allégorique histoire
De ces héros qu'Amour avait domptés,
Et qui, pour plaire à de tendres beautés.
Avaient quitté les fureurs de la gloire.
Dans un réduit cette musique était,
Près de la chambre où le bon roi soupait.
La belle
Agnès, discrète et retenue,
Entendait tout, et d'aucuns n'était vue.



Déjà la lune est au haut de son cours ;
Voilà minuit : c'est l'heure des amours.
Dans une alcôve artistement dorée.
Point trop obscure, et point trop éclairée.



Entre deux draps que la
Frise a tissus,
D'Agnès
Sotel les charmes sont reçus.
Près de l'alcôve une porte est ouverte,
Que dame
Alix, suivante très experte,
En s'en allant oublia de fermer. Ô vous, amants, vous qui savez aimer.
Vous voyez bien l'extrême impatience
Dont pétillait notre bon roi de
France!
Sur ses cheveux, en tresse retenus,
Parfums exquis sont déjà répandus. 11 vient, il entre au lit de sa maîtresse ;
Moment divin de joie et de tendresse !
Le cœur leur bat ; l'amour et la pudeur
Au front d'Agnès font monter la rougeur.
La pudeur passe, et l'amour seul demeure.
Son tendre amant l'embrasse tout à l'heure.
Ses yeux ardents, éblouis, enchantés.
Avidement parcourent ses beautés.
Qui n'en serait en effet idolàtte?



Sous un cou blanc qui fait honte à l'albâtre
Sont deux tétons séparés, faits au tour,
Allants, venants, arrondis par l'Amour ;
Leur boutonner a la couleur des roses.
Téton charmant, qui jamais ne reposes,
Vous invitiez les mains à vous presser.
L'œil à vous voir, la bouche à vous baiser.
Pour mes lecteurs tout plein de complaisance,
J'allais montrer à leurs yeux ébaubis
De ce beau corps les contours arrondis ;
Mais la vertu qu'on nomme bienséance
Vient arrêter mes pinceaux trop hardis.
Tout est beauté, tout est charme dans elle.
La volupté, dont
Agnès a sa part.
Lui donne encore une grâce nouvelle ;
Elle l'anime : amour est un grand fard,
Et le plaisir embellit toute belle.












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François-Marie Arouet Voltaire
(1694 - 1778)
 
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Voltaire, entre la légende et l'histoire


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