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Évariste de Parny

Vénus et marie - Poéme


Poéme / Poémes d'Évariste de Parny





Belle
Vénus, vous étiez plus que belle
Après l'instant qui vit naître l'Amour.
Avec douceur votre bouche immortelle
Baissa ses yeux qui s'entrouvraient au jour ;
Dans tous ses ttaits vous tetrouviez vos charmes ;
Et vos genoux, de guirlandes couverts,
Berçaient ce dieu, faible encore et sans armes,
Mais qui bientôt maîtrisa l'univers.
Pour son sommeil les
Grâces caressantes
Fotment un lit de myrtes et de fleuts ;
D'un frais
Zéphyr les ailes complaisantes
Pour lui du jour tempèrent les chaleurs.
Belle
Cypris, sur ses lèvres de rose
Vous voyez naître un sourire malin,
De l'avenir présage ttop certain :
Sur votre bras sa tête se repose ;



Son pied s'agite ; et sa débile main
Presse en jouant les lis de votre sein.
Les immortels, instruits de sa naissance.
Pour l'admirer, descendirent des deux.
Sur lui, sur vous, ils attachaient leurs yeux.
Leurs yeux charmés, et, dans un doux silence,
Ils souriaient au plus puissant des dieux.
Mais tout vieillit; ô reine d'Idalie!
L'homme a brisé cet antique tableau,
Qui de
Zeuxis illustra le pinceau.
Et dont mes vers sont la faible copie.
Voici l'objet de son culte nouveau :
Un charpentier, et sa moitié fidèle.
Dans une étable au milieu du troupeau,
Un peu de paille, et qui n'est pas nouvelle ;
Sur cette paille un panier pour berceau ;
Dans ce berceau le fils d'une pucelle ;
Près de ce fils le taureau menaçant,
L'âne qui brait, et le bœuf mugissant ;
Sans oublier trois visages d'ébène,
Des bouts du monde arrivant hors d'haleine
Pour saluer le taciturne enfant.



Ces deux tableaux, malgré leur différence.
Entre eux pourtant ont quelque ressemblance.
Vulcain,
Joseph, inutiles témoins,
Ne font point fête aux deux aimables mères ;
Et ces maris, qui boudent dans leurs coins.
Semblent surpris et honteux d'être pères.



Momus en vain sur ce monde attristé
Veut de nouveau régner par la gaieté.
L'enfer est là,
Momus ; et l'homme sage
Ne rit jamais dans un tel voisinage.
Le chapelet succède à tes grelots ;
Et
Jérémie a vaincu tes bons mots.
Quel changement ! quelles métamorphoses !
Ces jeunes fronts, jadis joyeux et fiers.



Qui s'entouraient de pampres et de roses.

Tristes, baissés, de cendre sont couverts.

Le goupillon qui lance une eau chrétienne

A remplacé le thytse de
Bacchus,

Et
Mardi-gras fait oublier
Silène.

Loin donc, bien loin les festins de
Cornus :

Nous adoptons l'Abstinence au teint blême,

Le
Jeûne étique, et le maigre
Carême.

La beauté même, abjurant les plaisirs.

Au crucifix porte tous ses soupirs.

De blanches mains déroulent un rosaire.

Un joli sein, dont le doux mouvement

Semble appeler les baisers d'un amant,

À ces baisers oppose un scapulaire.

Femme, dit-on, veut plaire, et toujours plaire :

La discipline outrage cependant,

Et sans pitié sur la dure on étend

Ces bras mignons, ces formes arrondies.

Formes d'amour, autrefois si chéries.

Qu'adoucissaient les parfums onctueux,

Et qui foulaient un lit voluptueux.

Fuis, ô
Vénus ! par un dévot caprice

De ta ceinture on a fait un cilice.

Grâces, fuyez : sévère est notre loi :

Elle proscrit vos leçons dangereuses ;

Et vous avez trois rivales heureuses,

La
Charité, l'Espérance, et la
Foi.










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Évariste de Parny
(1753 - 1814)
 
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