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Évariste de Parny

Lettre à bertin - Poéme


Poéme / Poémes d'Évariste de Parny





Ici ma main dérobe à l'oranger fleuri

Ces pommes dont l'éclat séduisit
Atalante;

Ici l'ananas plus chéri Élève avec orgueil sa couronne brillante;
De tous les fruits ensemble il réunit l'odeur.

Sur ce coteau atte pierreuse
Livre à mon appétit une crème flatteuse;
La grenade plus loin s'entrouvre avec lenteur;
La banane jaunit sous sa feuille élargie;
La mangue me prépare une chair adoucie;
Un miel solide et dur pend au haut du dattier ;
La pêche croît aussi sur ce lointain rivage ;
Et, plus propice encor, l'utile cocotier
Me prodigue à la fois le mets et le breuvage.



D'un côté mes yeux affligés
N'ont pour se reposer qu'un vaste amphithéâtre
De rochers escarpés que le temps a rongés ;
De rares arbrisseaux, par les vents outragés,

Y croissent tristement sur la pierre rougeâtre,

Et des lataniers allongés

Y montrent loin à loin leur feuillage grisâtre.
Trouvant leur sûreté dans leur peu de valeur, lÀ d'étiques perdreaux de leurs ailes bruyantes
Rasent impunément les herbes jaunissantes,

Et s'exposent sans crainte au canon du chasseur.
Du sommet des remparts dans les airs élancée,
La cascade à grand bruit précipite ses flots,
Et, roulant chez
Thétis son onde courroucée,
Du
Nègre infortuné renverse les travaux.
Ici, sur les confins des états de
Neptune,
Où jour et nuit son épouse importune
Afflige les échos de longs mugissements.

Du milieu des sables brûlants

Sortent quelques toits de feuillage.

Rarement le
Zéphyr volage

Y rafraîchit l'air enflammé ;
Sous les feux du soleil le corps inanimé



Reste sans force et sans courage.

Quelquefois l'Aquilon bruyant,

Sur ses ailes portant l'orage,

S'élance du sombre orient ;

Dans ses antres l'onde profonde

S'émeut, s'enfle, mugit, et gronde ;

Au loin sur la voûte des mers

On voit des montagnes liquides
S'élever, s'approcher, s'élancer dans les airs,
Retomber et courir sur les sables humides;
Les flammes du volcan brillent dans le lointain :

L'Océan franchit ses entraves,
Inonde nos jardins, et porte dans nos caves
Des poissons étonnés de nager dans le vin.










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Évariste de Parny
(1753 - 1814)
 
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