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Emile Verhaeren

Mourir - Poéme


Poéme / Poémes d'Emile Verhaeren





Un soir plein de pourpres et de fleuves vermeils
Pourrit, par au-delà des plaines diminuées.
Et fortement, avec les poings de ses nuées,
Sur l'horizon verdâtre, écrase des soleils.
Saison massive !
Et comme
Octobre, avec paresse
Et nonchaloir. se gonfle et meurt dans ce décor
Pommes ! caillots de feu ; raisins ! chapelets d'or,
Que le doigté tremblant des lumières caresse,
Une dernière fois, avant l'hiver.
Le vol
Des grands corbeaux ? il vient.
Mais aujourd'hui,

[c'est l'heure



Encor des feuillaisons de laque — et la meilleure.

Les pousses des fraisiers ensanglantent le sol,
Le bois tend vers le ciel ses mains de feuilles rousses
Et du bronze et du fer sonnent, là-bas, au loin.
Une odeur d'eau se mêle à des senteurs de coing
Et des parfums d'iris à des parfums de mousses.
Et l'étang plane et clair reflète énormément
Entre de fins bouleaux, dont le branchage bouge,
La lune, qui se lève épaisse, immense et rouge,
Et semble un beau fruit mûr, éclos placidement.



Mourir ainsi, mon corps, mourir, serait le rêve !
Sous un suprême afflux de couleurs et de chants,
Avec, dans les regards, des ors et des couchants.
Avec, dans le cerveau, des rivières de sève.
Mourir ! comme des fleurs trop énormes, mourir !
Trop massives et trop géantes pour la vie !
La grande mort serait superbement servie
Et notre immense orgueil n'aurait rien à souffrir !
Mourir, mon corps, ainsi que l'automne, mourir !











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Emile Verhaeren
(1855 - 1916)
 
  Emile Verhaeren - Portrait  
 
Portrait de Emile Verhaeren


Biographie / Œuvres

Emile Verhaeren est né à Saint-Amand le 21 mai 1855. Fils d’une famille commerçante aisée, il appartient à la classe bourgeoise de ce village sur l’Escaut. Au sein de la famille, la langue véhiculaire est le français, mais avec ses camarades de classe de l’école communale et les habitants de Saint-Amand, il recourt au dialecte local.

A onze ans, Verhaeren se voit envoyé au pensionn

Bibliographie


Chronologie