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Claude Roy

A regret - Poéme


Poéme / Poémes d'Claude Roy





La mort en tablier qui rentre ses moissons, repliant les messieurs, les dames, les oiseaux, la mort n'écoute pas nos discours de poissons, les mots que nous disons restent au fond des eaux.

Vous dites qu'il fait beau, qu'il fait chaud, le soleil, un cœur qui bat tout doux et le chant de l'eau vive, vous parlez de l'amour, des monts et des merveilles, mais pour vous écouter il n'est âme qui vive.

Vous pouvez parler fort ou feindre d'être ailleurs, détourner le regard ou jouer à saute-songe, descendre sous la mer comme un pêcheur d'épongés :

elle est là qui vous guette et vous prend à revers, tricotant sans répit ses filets à vivants, elle est là installée en travers de mes vers, poursuivant son idée, têtue comme le vent.



Océan qui redonnes et reprends la mémoire je m'intéresse au sel de tes franges savantes, j'aime bien la façon qu'a la pluie sur l'eau noire de poser ses pieds nus et sa fraîcheur bougeante.



Je me tresse un bonheur comme un panier de jonc, et j'y mets un grillon, une nuit de septembre, le ciel bien lessivé par un matin tout blond, une fille endormie qui se mélange à l'ombre.



Mais l'autre est toujours là avec sa bouche ouverte et cet air très patient de qui sait son affaire, mais l'autre est toujours là, vivre est en pure perte, la fausse, la butée, la sourde, la sorcière.



Une dernière fois nos mains nouées et déprises, et moi qui ne veux rien que d'être près de toi, puis l'autre sera là et nos pensées surprises, la dame au temps compté et sa caisse de bois.



Viendra peut-être un jour pour d'autres plus habiles la ruse qui saura détourner son chemin, mais pour nous c'est trop tard, il faut être dociles, poliment dire adieu aux plaisirs de demain.



La tête ailleurs déjà et le cœur barbouillé nous dirons à la mort ce que nous pensons d'elle. Mais qui donc entendra les mots embrouillés perdus pour tout le monde

et que la vie est belle ?











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Claude Roy
(1915 - ?)
 
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