Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Charles Cros

Promenade - Poésie


Poésie / Poémes d'Charles Cros





A
Emmanuel des
Essarts.



Ce n'est pas d'hier que d'exquises poses
Me l'ont révélée, un jour qu'en rêvant
J'allais écouter les chansons du vent.



Ce n'est pas d'hier que les teintes roses
Qui passent parfois sur sa joue en fleur
M'ont parlé matin, aurore, fraîcheur.



Que ses clairs yeux bleus et sa chevelure
Noire, sur la nuque et sur le front blancs.
Ont fait naître en moi les désirs troublants,



Que, dans ses repos et dans son allure.
Un charme absolu, chaste, impérieux,
Pour toute autre qu'Elle a voilé mes yeux.



Alors j'aurais pu tomber sous les balles
Sans que son nom vint sur mes lèvres pâles
Car je ne sais pas encore son nom.



Puis l'étude austère aux heures inertes,
L'ennui de l'été dans les ombres vertes,
M'ont fait oublier d'y penser souvent.



Voici refleurir, comme avant ces drames.
Les bleuets, les lys, les roses, les femmes.
Et puis
Elle avec sa beauté d'avant.

*

Dans le grand jardin, quand je vous retrouve.
Si je ralentis, pour vous voir, mes pas,
Peureuse ou moqueuse, oh! ne fuyez pasl



Me craindre?...
Depuis que cet amour couve
En mon cœur, je n'ai même pas osé
Rêver votre bras sur le mien posé.



Qu'est-ce que je viens faire en votre vie,
Intrus désœuvré?
Voilà votre enfant
Qui joue à vos pieds et qui vous défend.



Aussi, j'ai compris, vous ayant suivie.

Ce qu'ont demandé vos yeux bleus et doux :

«
Mon destin est fait, que me voulez-vous? »

Mais, c'est bien assez, pour qu'en moi frissonne

L'ancien idéal et sa floraison

De vous voir passer sur mon horizon!



Ce n'est pas d'hier, l'uis le cours des choses
S'assombrit.
Je crus à jamais les roses
Mortes au brutal labour du canon.



Car l'âme, à l'étroit dans votre personne.

Dépasse la chair et rayonne autour.

-
Aurore où s'abreuve et croit mon amour.



Diamants tremblant aux bords des corolles.
Fleur des pèches, nacre, or des papillons
S'effacent pour peu que nous les froissions.



Ne craignez donc pas d'entreprises folles.
Car je resterai, si cela vous plaît,
Esclave lointain, inconnu, muet.











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Charles Cros
(1842 - 1888)
 
  Charles Cros - Portrait  
 
Portrait de Charles Cros


Biographie

Né à Frabrezan, dans l'Aude, en 1842, Charles Cros reçoit une éducation soignée de la part de son père, lui-même issu d'une famille de professeurs. Dès son adolescence, il étudie le sanscrit, l'hébreu, mais aussi la musique et les mathématiques. Cros eut d'ailleurs une très riche carrière d'inventeur : avant même Edison, il imagina le principe du phonographe et il fut le premier à créer des épreuv