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Alain Jouffroy

Trou - Théâtre


Théâtre / Poémes d'Alain Jouffroy





poitrine exposée aux violences de la mer

l'œil nu

vidé par l'évidence

je suis dans l'attente d'une tempête

qui change mes mots

et donne ses marées à ma seule présence

Cœur

toi qui m'approches par ta chaleur

de la réalité

toi qui me réalises

tu demeures patrie dissimulée

Cœur

maçon du corps
Atlantide immergée

masse musicienne et mouvante

poing sur la porte

éternel travailleur sur la corde

Cœur

château d'eau et cognée

Tout mon être par ma voix me pousse vers le monde



Ramifié dans l'aurore du corps

je suis témoin du battement artériel

de l'insistante marée de vie violente

dans la tête enterrée

sous l'entassement des barriques du monde

Tourner avec la terre coincé par les victimes tiré par un moteur immense tourner avec la terre

— sans balancier sans béquilles — militer pour l'être au cri des accidents changer avec l'étoile la cataracte sans fracasser la rame sur le roc tourner — ému — possédé

par les mains les yeux

de ceux qui brassent la terre

tourner — arraché par la mer

éludé par la lune —

tourner avec la terre

est une mission sans casque

sans antenne

au sommet d'un danger tutélaire

— la vie

Si la raison est une usine

torrent doublé de turbines

mon corps est fragment de colère

J'appartiens à l'orage sur les mottes à la grève

aux violences dans les docks membre embrasé de la misère



métamorphosé par la nuit générale

je fais de ma passion

le grand jour sur les gueules de la guerre

ô tendresse des seuls tendresse des passantes

Ciel insolent ! grand cerveau traversé par le temps !

l'âme dissimulée entre les plis de la terre

l'homme est une bouche balbutiante sortie du soleil

Comète ! lègue ton éclat à la paix !

l'ordre règne sur la rage

le cœur mesure ses coups au nombre des fusils

l'énergie des nuages nous crucifie

Le trou énorme où sombrent nos saccages où

projetés hors du sens

nous disloquons nos brasiers

le trou énorme où s'oublient nos questions

où chacun

lié à son pain

s'acharne à trouver la réponse

ce trou énorme est notre condition

La terre n'est pas un sac
Le corps n'est pas un gant
La terre est un moteur
Le corps est un courant











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Alain Jouffroy
(1928 - ?)
 
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Bibliographie