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Alain Jouffroy

Lumières sur l'eau éteinte - Poéme


Poéme / Poémes d'Alain Jouffroy





L'homme est entré en moi il y a vingt et un ans

A la porte ! ordonne ma nostalgie

Trouble-fête

Ton évidence était maléfique

Et chacune de tes hypostases un déni de justice

La trace de tes pas ne vaut pas le vent qui l'efface

Grandeur douce à la mort

Qu'un homme trahisse son espèce transfigure votre avenir

Et toi

Femme

Séparée du monde représenté par ta volonté de dépassement

Tu sépares l'homme de lui-même en projetant sur lui ta

lumière incréée
Douce à la mort
Tu lèves l'interdit qui pèse sur mon suicide

Chassée comme un chien
L'ombre de l'anti-soleil de l'amour
Est désertée par l'immanence des amants
Chassée comme un chien



La transcendance se réincarne et leur donne le mot de

passe
Aigle déployé sur le cratère vide de leur moi hanté par

l'amour comme la lune par l'éclipsé À la grande nuit comme à la grande nuit
Soucieuse comme personne
Mon amante cherche à perdre l'existence en moi pour

retrouver l'essence en elle

À la grande nuit comme à la grande nuit
Soucieuse comme personne au monde
Mon amante déporte le monde et fait que lentement il agonise

Par elle

Pour la première fois la promesse ontologique est tenue
L'être a abdiqué en faveur d'un absent
Lèvres écumantes — hystérique — le cynique est expulsé de la
Salle de jeu

De longue date exaspéré par les manques —
Je reste à l'extrémité de la longue table où (Souveraine dont l'abdication en faveur d'un absent

détermine l'orgasme)
Ma maîtresse amincie dans l'ascèse écarte les jambes

Toi — dont l'universel
Nada constitue l'empire —
Tu déséquilibres la balance de ma vie en te substituant à mon suicide

Comme à l'aube d'une fête romantique
Un visage adoré à son masque impassible

Le théâtre s'est vidé comme une éponge
Seules dans les coulisses quelques portes battent encore !
Tu peux crier, maintenant :

On a mis entre parenthèses l'idée que je me fais de la parole dernière











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Alain Jouffroy
(1928 - ?)
 
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