Paul Verlaine

Alain Bosquet

Jules Laforgue

Jacques Prévert

Pierre Reverdy

Max Jacob

Clément Marot

Aimé Césaire

Henri Michaux

Victor Hugo

Robert Desnos

Blaise Cendrars

René Char

Charles Baudelaire

Georges Mogin

Andrée Chedid

Guillaume Apollinaire

Louis Aragon

Arthur Rimbaud

Francis Jammes


Devenir membre
 
 
 

Achille Chavêe

Juste ciel - Poéme


Poéme / Poémes d'Achille Chavêe





à
Freddy
Plongin et
Max
Michotte



II s'agissait d'une clepsydre gigantesque

d'une clepsydre magique

qui sans fatigue aucune

mesurait cent mille ans d'histoire humaine

Il s'agissait d'une clepsydre unique

dont chaque goutte d'eau était conscience

souffrance était

était voyance

dont chaque larme alimentaire était

mille litres de sang humain coagulé

sans parler de celui des oiseaux

des poissons et des mammifères



Il s'agissait d'une clepsydre métaphorique

d'une incroyable soif

que de mon cœur infatigable noria

que de mes mains pensives

manipulant les astres et des désastres

j'avais construite solitaire et puissant

dans l'empire de mon
Sahara

dans l'Atlantide redécouverte

de mes planètes d'horoscope



Il s'agissait d'une clepsydre à l'échelon sacré

que d'une seule pensée accréditée

que d'un seul geste ayant tranché sa main

je pouvais transformer au gré de ma conscience

en fusée métaphysique

à ogive inconditionnelle

susceptible de percer

le misérable rideau mité

de la science du bien et du mal



Et à l'exemple de
Benjamin
Peret le pur

je fis le geste nécessaire

et je pus voir se détachant du ciel

tomber sur la plaine immense du silence

semblable à une fine pluie d'automne

pour la fertilité du grand désert

le cadavre de
Dieu redevenu poussière



29 mai 1963











Contact - Membres - Conditions d'utilisation

© WikiPoemes - Droits de reproduction et de diffusion réservés.



Achille Chavêe
(1906 - 1969)
 
  Achille Chavêe - Portrait  
 
Portrait de Achille Chavêe